Guide d'exposition
La galerie célèbre du 23 mai au 20 juin, plus de trente années d’engagement au service de la création contemporaine. Pour autant, il ne s’agit pas ici de revenir sur un parcours accompli, mais d’affirmer une continuité vivante. 30 ans et plus n’est pas une rétrospective. C’est une déclaration d’intention, celle d’une galerie qui cultive sa raison d’être : accompagner les artistes et valoriser les pratiques artistiques actuelles.
Informations pratiques
- Dates : Du samedi 23 mai 2026 au samedi 20 juin 2026 : mercredi, jeudi, vendredi, samedi de 11h00 à 18h00 mardi de 14h00 à 18h30
- Lieu : Les filles du Calvaire, 21, rue chapon, Paris
- Tarif : gratuit
- Public : Tout public
- Source : Page de l'événement
À propos de l'exposition
À travers une œuvre par artiste, l’exposition réunit celles et ceux qui incarnent aujourd'hui l’histoire et l’identité de la galerie. 30 ans et plus rend compte d’un dialogue au long cours entre la galerie et les artistes, émergents ou confirmés, qu’elle accompagne. Ce dialogue fidèle, nourri d’expérimentations et de prises de risque, reflète son engagement constant pour l’art contemporain sous toutes ses formes, et tout particulièrement envers la scène française, qu’elle contribue à faire rayonner sur le territoire et à l’étranger.
Cette exposition affirme une permanence qui ne se mesure pas seulement en années, mais en rencontres, en projets et en complicités artistiques. Elle est aussi une projection vers ce qui reste à inventer. Ici, trente ans n’est pas un seuil symbolique, mais un élan : celui d’une galerie toujours en mouvement, attentive à son époque et résolument tournée vers l’avenir.
EDITO DE STEPHANE MAGNAN
Fondateur de la galerie Les filles du calvaire
30 ans d’expositions, et tous les médiums sont concernés.
Peut-être faut-il pour comprendre la galerie dans cette diversité, que je dise d’où je viens : Mes goûts d’enfant, d’adolescent sont toujours les mêmes aujourd’hui, ce qui m’émeut c’est la pulsion scopique et la pulsion auditive- image et musique, harmonie et dissonance-, ce qui me fascine c’est l’intelligence et le raisonnement. Mes premières amours sont le grec, la mythologie, la peinture italienne et la peinture flamande de la Renaissance, Mozart, Schubert, Verdi et les mathématiques. Grande curiosité et formidable appétit.
Ma façon d’agir commence toujours par l’écoute et l’exploration, l’accueil des idées, des images, et à un moment, ça y est, je comprends, je peux décider. C’est peut-être cela, associé à la grande fidélité de l’équipe qui m’accompagne, qui donne une impression de cohérence à la galerie, qui ne se voit qu’avec le recul. J’ai eu le même fonctionnement dans mon métier d’ingénieur –festina lente-
Ce que montre la galerie est donc loin d’être figé ; cela témoigne de son engagement politique dans un monde qui évolue vite et où la démocratie est sans cesse attaquée. C’est un métier très exigeant qu’on peut décrire de plusieurs façons : le côté du découvreur, du « passeur associé » et celui du marchand. Ils sont présents en permanence, pas toujours faciles à combiner mais très excitants.
Il me semble que le coup de tonnerre inaugural pour l’art contemporain d’aujourd’hui a été en 1974 le prix de la biennale de Venise attribué à Rauschenberg : c’est ce qui a été à l’origine de ce foisonnement de création que nous voyons aujourd’hui ; tout était possible ! Son galeriste, Leo Castelli a inventé à cette époque le modèle de la galerie d’art contemporain qui prévaut encore aujourd’hui. La première foire a lieu à Cologne en 1967, rapidement suivie par celle de Bâle en 1970.
Et on en est toujours là.
Ce qui a changé c’est la prolifération- d’artistes, de galeries, de foires, de biennales, d’initiatives de monstration de toutes sortes- pour le meilleur et pour le pire. C’est ce qui rend le métier que nous faisons extrêmement complexe en termes de discernement pour rester fidèle à ses valeurs et ne pas se laisser submerger par un capitalisme multiforme et récupérateur.
Plus récemment internet et ses avatars ont donné un élan supplémentaire au « tout est bon » ; le réseau en ligne est un outil remarquable mais qui ne fait voir que des «fantômes » d’œuvres et qui a donc absolument besoin de la galerie pour voir « en vrai ». La nécessité de l’artiste est de montrer et d’être montré, sinon pas d’existence dans le monde contemporain.
Le galeriste est donc celui qui prend le risque, après l’artiste qui prend celui de la création, de montrer des œuvres qui ne sont des valeurs sûres que pour lui, sans aucune certitude de vendre, contrairement à ce qu’exposent les musées ou institutions : des artistes déjà largement reconnus. Il est un acteur modeste de l’art contemporain qui le dépasse complètement mais dont le champ ne risque pas de se tarir.
30 ans donc, comme preuve d’espoir et de ténacité pour cette galerie qui est née de la rencontre improbable d’un groupe d’amis avec un lieu remarquable. Fino a quando ? Le pari demeure.
HISTOIRE DE LA GALERIE
texte écrit par Marie Magnier, directrice de la galerie
Fondée à Paris en 1996 au 17 rue des Filles-du-Calvaire, la galerie Les filles du calvaire s’est imposée dès son ouverture comme un acteur influent de la scène artistique contemporaine. Très tôt, elle s’est distinguée en accompagnant les photographes, à une époque où ce médium n’occupait pas encore la place centrale qu’il tient aujourd’hui sur le marché de l’art et dans les institutions. La galerie a eu un rôle majeur pour la reconnaissance de la photographie contemporaine, dans ces pratiques exigeantes et singulières.
Fidèle à son rôle de découvreur, la ga